Résumé

Le stress et le trac versus la confiance en soi. Des sujets qui ont déjà été profondément décortiqués par nombre de personnes, coachs, psy, sophrologues, thérapeutes, en livres, en articles, en vidéos et même en formations.

Et voilà que j’y apporterais quelque chose de nouveau ?

Absolument pas ! Aujourd’hui, si j’écris sur ces notions, c’est pour vous parler de ma vision des choses, et, sans aller jusqu’à évoquer une philosophie, de mon approche.

⇒ Comment j’aborde ces problématiques avec les musicien.nes et pourquoi ?

Un lien de cause à effet très incomplet

En premier lieu, posons les évidences sur lesquelles tout le monde s’accordera.

Si j’ai un bon niveau de confiance en moi, généralement, mon niveau de stress ou de trac aura tendance à augmenter moins vite et moins fort face à une situation instable, un imprévu, un élément perturbateur.

A l’inverse, face à la même situation, si j’ai un faible niveau de confiance en moi, généralement, mon niveau de stress ou de trac aura tendance à augmenter plus vite et plus fort.

En musique, nous en avons déjà parlé, nos fautes sont souvent vécues comme des éléments qui bousculent notre stabilité. Un concert, une représentation face à un public plus ou moins grand, plus ou moins connu, aussi.

Si je schématise, on obtient ceci :

Stress _ Confiance en soi(1).png

Cependant, poser ces constats revient à une simplification extrême. Sans rentrer dans une grande complexité, il est facile de voir que lorsque j’écris ceci :

En musique, nous en avons déjà parlé, nos fautes sont souvent vécues comme des éléments qui bousculent notre stabilité. Un concert, une représentation face à un public plus ou moins grand, plus ou moins connu, aussi.

on voit déjà que notre niveau de confiance en nous en tant que musicien.ne n’est pas l’unique cause de notre stress.

Notre stress est dû en partie à des facteurs internes et personnels comme notre confiance en nous ou encore notre expérience d’autres représentations face à un public ou sa famille, ses ami.es, et en partie à des facteurs externes comme un lieu particulier, une acoustique différente, la présence de son conjoint, l’expression d’un spectateur dont on a croisé le regard, des propos entendus avant ou après le concert… Plus précisément, notre stress est dû à la façon dont, avec l’état de nos facteurs internes, nous répondons ou réagissons aux facteurs externes.

Et, a priori, nous sommes en capacité d’agir uniquement sur une partie de ces facteurs.

Sortir du symptôme et voir plus large pour mieux prévenir

Agir sur son stress ou son trac, c’est se focaliser sur une conséquence, un résultat. Si l’on faisait le parallèle avec la médecine, nous dirions un symptôme. Agir sur son stress, c’est donc une action curative. C’est arriver une fois que les choses sont devant nous, évidentes. Rattraper le tir demande alors une action forte, mais qui ne saurait être durable puisque spécifique à la situation présente. Celle-ci a besoin d’être comprise par la personne, puis traitée et évacuée.

Si l’on joue face à un public et que cela nous cause du stress, il est très complexe d’agir dans l’instant parce que nous sommes déjà dans la situation, happé.es par les émotions. Les efforts à déployer pour revenir à un état de calme sont immenses et face à une prochaine situation de ce type, il faudra à nouveau déployer cette même énergie. Le rapport coûts / bénéfices est loin d’être optimal.

A l’inverse, agir durablement revient à anticiper la survenue des mêmes symptômes, à la même intensité, face à un même contexte. Agir durablement, c’est donc prévenir. Pour prévenir, il faut travailler sur les causes sur lesquelles nous pouvons agir : c’est ce que j’ai appelé “facteur internes” ci-dessus.

Ainsi, se focaliser sur la confiance en soi, c’est se donner la possibilité de changer la donne a priori et non a posteriori, en profondeur, plutôt qu’en surface. Le travail peut être plus long et les actions à mener pas toujours très confortables, mais l’évolution à la clef sera plus pérenne et permettra d’aborder des situations similaires plus sereinement.

En tant que musicien.ne cela veut dire travailler en amont des concerts ou représentation, des fêtes à animer, des repas de famille, plutôt que dans le moment. Cela veut dire plonger dans la connaissance de soi pour identifier précisément les facteurs externes qui produisent du trac chez nous avant ce type d’événements. Cela veut enfin dire se construire une routine propre à recréer des repères pour retrouver de l’assurance là où l’instabilité règne.

Pour finir, il est évident qu’agir sur la confiance en soi aura des répercussions plus larges que sur le seul niveau de stress. Pêle-mêle, pensons à :

Pour moi, parler de confiance en soi plutôt que de stress et de trac, c’est une approche militante : c’est prendre le sujet à un point de départ plutôt qu’à la ligne d’arrivée, c’est favoriser un levier connoté positivement, c’est miser sur des efforts initiaux intenses pour des effets plus profonds et durables.

En somme, c’est faire le pari de l’autonomie et de la progression, plutôt que la dépendance et de la stagnation.